Skip to content

Dissertation Discuter Une Affirmation


Les règles d’une bonne dissertation

Bruno Rigolt

méthodologie et conseils


PLAN


retour au sommaire

1

 

DÉFINITION


La

dissertation littéraire est un genre qui possède une longue tradition scolaire et universitaire. Relevant de l’argumentation, elle est basée sur un thème défini et elle amène le rédacteur à soutenir un raisonnement répondant à une problématique dans le but de convaincre un lecteur en justifiant ou en confrontant des thèses successives. Par ailleurs, « elle vise à faire acquérir, par les élèves de l’enseignement secondaire général et par les étudiants de lettres, une maîtrise dans l’exposé écrit, cohérent, précis et le plus rigoureux possible, sur un sujet donné »¹.

La particularité de la dissertation littéraire tient au fait qu’elle amène à répondre au sujet posé en exploitant un certain nombre de connaissances au niveau de l’histoire littéraire et au niveau des textes. Pour un candidat à l’Épreuve Anticipée de Français par exemple, il serait aberrant d’entreprendre une dissertation et de s’en tenir uniquement aux documents proposés dans le corpus : les savoirs scolaires et les acquis personnels sont indispensables.


retour au sommaire

2

 

CONNAISSANCES PRÉALABLES REQUISES


Certes, une dissertation littéraire peut bien sûr emprunter des connaissances à d’autres domaines de la pensée —historique et philosophique en particulier—, mais son objet est de parler des textes². Sans une connaissance concrète des œuvres dont on parle, elle tombe dans le délayage, les lieux communs, les généralités, les simplifications. L’ennemi mortel de la dissertation est le vague souvenir d’un cours, d’un manuel, ou d’un discours critique. Attention aux propos allusifs : l’exactitude des connaissances est déterminante. La réussite d’une dissertation dépend donc essentiellement de l’étendue des lectures, et de l’attention accordée aux textes ainsi qu’aux grandes problématiques littéraires. On ne fait pas « allusion » à un auteur ou à un ouvrage au risque de faire « illusion » : les références se doivent d’être précises.

Comme vous le voyez,la dissertation est un exercice de réflexion étayée par un savoir : il est donc impératif de mémoriser des textes, même brefs, de connaître des citations et bien entendu d’effectuer préalablement des recherches personnelles. Relire une fois cinq poèmes que l’on va présenter à l’oral de l’EAF et croire qu’on peut entreprendre de rédiger une dissertation relève d’une ignorance coupable. Comment maîtriser une démonstration si la culture est insuffisante ? La connaissance de données formelles et littéraires est essentielle.

Vous devez vous constituer :

  • des fiches de synthèse : sur le roman, le théâtre, la poésie, etc.
  • des fiches de synthèse : sur les grandes problématiques littéraires et les mouvements culturels. Elles vous aideront à dégager le sens d’un passage dans son contexte d’histoire littéraire et sociale ;
  • des fiches de lecture (sur quelques ouvrages bien ciblés) ;
  • des répertoires de citations ;
  • des fiches sur les notions logiques (vocabulaire de l’argumentation).
  • CPGE : une parfaite connaissance du thème ainsi que des œuvres au programme (notamment les passages-clés et les citations).

retour au sommaire

3

 

TROIS OBSTACLES MAJEURS À ÉVITER


  1. La paraphrase: on fait de la paraphrase quand on redit ce qu’exprime déjà un texte. C’est un obstacle majeur dans le commentaire littéraire puisqu’elle conduit à délayer le contenu au lieu de l’expliquer. Mais beaucoup de candidats à l’EAF lors de la dissertation font également de la paraphrase, précisément quand leur culture générale leur fait défaut : au lieu de proposer une réflexion organisée mettant en valeur l’exploitation du corpus à la lumière de leurs connaissances personnelles, ils se mettent à commenter les documents proposés. De là une absence totale de raisonnement démonstratif.

  2. La tendance à la généralisation : elle touche un certain nombre de candidats (parfois de valeur) qui éprouvent des difficultés à hiérarchiser et à sélectionner leurs connaissances : ils veulent tout mettre en négligeant les aspects particuliers du sujet, c’est-à-dire sa délimitation. Leur devoir ressemble ainsi à une sorte d’exposé ou de discours très général. Autre cas de figure : vous vous trouvez devant un sujet ressemblant à une problématique déjà traitée, et vous cherchez à réutiliser vos connaissances… le risque est de tomber dans les généralités en oubliant la prise en compte minutieuse du sujet spécifique qui vous est soumis.

  3. Une trop grande implication personnelle : à la différence de l’écrit d’invention, la dissertation n’est pas un exercice de style. On n’attend pas du candidat des gradations, des anaphores, des métaphores colorées, etc. Vous ne devez donc pas vous impliquer émotionnellement ou affectivement dans votre travail, ni interpeller le lecteur comme vous le feriez par exemple dans un article de journal, un discours, un débat, une lettre, etc. Il vous faut  au contraire objectiver votre devoir, c’est-à-dire le rendre objectif par une expression neutre et sobre, qui tient compte de la situation de communication imposée : donc pas de poésie, pas de lyrisme exagéré, et bien entendu pas d’esprit polémique ! Le but étant de convaincre dans une langue qui doit rester toujours soutenue.


retour au sommaire

4

 

ANALYSER LE SUJET : LA MÉTHODE « OPLC »


La

plupart du temps, quand un étudiant échoue, c’est qu’il a mal compris le sujet. Le trac en effet pousse souvent à interpréter de manière hâtive un énoncé. Tout d’abord, lisez plusieurs fois la question et reformulez-la dans votre propre langage.

EAF : lisez toujours l’intitulé des sujets d’écriture AVANT de lire les textes du corpus : bien souvent en effet, c’est le sujet d’écriture qui va conditionner et orienter votre lecture préalable des documents.

Au départ, il est donc nécessaire de mobiliser ses connaissances en cernant le sujet. Rappelez-vous de ces quatre lettres : ”O.P.L.C.”

  1. L’objet d’étude (O) : il s’agit de déterminer précisément le champ thématique dans lequel se situe le sujet (par exemple “la Poésie” ou “le roman”), et d’établir des comparaisons rapides avec d’autres objets d’étude afin de bien cerner les enjeux et de les mettre en perspective : on n’aborde pas le roman comme on aborde le théâtre par exemple. La capacité du candidat à établir des distinctions, à varier les points de vue afin d’ouvrir des perspectives, ou de nuancer des prises de position sont autant de qualités valorisées lors de la notation.

    CPGE : la dissertation portant sur les œuvres au programme, votre approche sera donc obligatoirement comparatiste.

  2. La Problématique (P) : c’est-à-dire les différentes façons de poser le problème, d’envisager différents points de vue permettant de préciser l’enjeu social et culturel soulevé par le sujet. Le plus important ici est de questionner le sujet, de cerner la thèse, c’est-à- dire le point de vue de l’auteur (et donc d’envisager d’autres points de vue). Si le sujet est une citation, vous devez évidemment la reformuler pour en comprendre les significations. C’est aussi l’occasion de vous interroger sur le sens des termes, sur la thèse soutenue, sur les arguments explicites ou implicites qui sous-tendent le jugement ou la démonstration.

    Je vous renvoie à ces propos éclairants : « On voit donc que l’analyse de la citation est tout entière orientée par la nécessité d’en tirer une problématique. À cette fin, on a tout intérêt à ramener à une phrase-résumé la réflexion de l’auteur, surtout si elle est longue. Car il ne s’agit jamais simplement de « commenter » ses propos, de les paraphraser, de « parler de » ou de « parler sur », il s’agit de savoir où l’on va et donc de commencer par se poser une question. […] Ainsi lancé, le devoir aura toutes les chances, non seulement de maintenir une ligne directrice, mais d’être dynamique, en opposant des points de vue »³. 

    La problématique consiste donc à faire porter la réflexion sur la validité des présupposés du sujet.Toute dissertation ne prenant pas en compte la problématique du sujet ne saurait obtenir la moyenne ! N’allez pas trop vite ! Exploitez le paratexte : le nom de l’auteur, le titre de l’ouvrage ainsi que sa date de publication peuvent vous aider. Pensez aussi à bien cerner les termes du sujet, et à en comprendre le sens : pour cela, vous devez identifier les mots-clés et les expliciter. Une analyse de notion s’avère également nécessaire le plus souvent : on ne saurait par exemple entreprendre une dissertation sur le Réalisme ou le Naturalisme sans avoir constitué au préalable un minimum de recherches.

    Conseil : attention à ne pas confondre la proposition exprimée par la problématique et la démonstration qu’elle implique : la problématique et le plan sont deux étapes différentes. Il arrive en effet parfois qu’un candidat pose si maladroitement la problématique, qu’elle annonce déjà la démonstration, d’où une redondance à la lecture du plan.

  3. Les limites (L) : il est également essentiel de déterminer les limites d’un énoncé afin d’éviter la généralisation (voir plus haut) ou le hors-sujet (n’oubliez pas que les devoirs hors-sujet sont notés sur la moitié des points !). Certes, votre connaissance des œuvres et votre culture générale sont essentielles… mais à la condition de les exploiter avec discernement en tenant compte de la spécificité de l’énoncé. Quel est l’intérêt de “recracher” ses connaissances sur le Romantisme ou la poésie si ce qu’on écrit n’a pas de rapport étroit avec la problématique ? Je vous conseille de privilégier une approche restreinte en partant d’une problématique clairement définie plutôt que d’élargir et de prendre le risque de rester dans le vague et les généralités.

  4. La Consigne (C). Vous devez la respecter scrupuleusement en vous posant toujours cette question : « Qu’est-ce qu’on attend de moi exactement ? » En règle générale, deux types d’énoncés sont souvent proposés :

    a) les sujets sous forme de citation à discuter :

Exemple 1 (sujet sur le roman) : Stendhal place en exergue du chapitre XIII de la première partie de son roman Le Rouge et le noir la citation suivante : « Un roman : c’est un miroir qu’on promène le long d’un chemin ». Vous commenterez et discuterez cette affirmation.

Exemple 2 (sujet sur la poésie) : En quoi votre conception de la poésie s’accorde-t-elle avec ce jugement de Charles Baudelaire (Théophile Gautier, 1859) : « La Poésie, pour peu qu’on veuille descendre en soi-même, interroger son âme, rappeler ses souvenirs d’enthousiasme, n’a pas d’autre but qu’Elle-même ; elle ne peut pas en avoir d’autre, et aucun poème ne sera si grand, si noble, si véritablement digne du nom de poème, que celui qui aurait été écrit pour le plaisir d’écrire un poème ».

La consigne, comme c’est le cas ici, impose la plupart du temps un débat contradictoire qui invite à prendre position par rapport à un jugement formulé :

  • Vous commenterez et discuterez…
  • Dans quelle meure…
  • En quoi…
  • Cette affirmation vous paraît-elle ?…
  • Souscrivez-vous à l’opinion de… ? / Partagez-vous cette opinion ?
  • etc.

b) le sujet peut prendre également la forme d’une question ouverte :

  • Qu’est-ce qui pousse selon vous à écrire et à lire des poésies ?
  • Selon vous, qu’est-ce qu’un bon livre ? 
  • Quel intérêt un lecteur d’aujourd’hui peut-il éprouver à la lecture des romans du XIXème siècle ?
  • Comment ? Pourquoi ? Que pensez-vous de… ?

La difficulté de tels sujets, malgré leur apparente simplicité, est qu’ils amènent bien souvent l’étudiant inattentif à construire un plan d’exemples, un plan-catalogue, ce qui est à proscrire puisqu’un tel devoir n’amène à aucun raisonnement probant. Les correcteurs vont donc évaluer votre capacité à tenir compte des implications du sujet dans votre démonstration qui doit toujours être dynamique, c’est-à-dire obéir à une finalité. Je vous recommande de lire les pages 15 et suivantes de l’ouvrage de Francine Thyrion, La Dissertation, qui explique bien ces questions.

Plan dialectique

Plan critique
ou d’opposition

Plan thématique
ou d’exposition

Plan analytique

Hérité de la Philosophie, ce plan est pratiqué quand
le sujet invite à mettre en débat une opinion. Il amène à dépasser dans la synthèse les deux thèses opposées par une nouvelle mise en perspective du sujet.

  • Hypothèse formulée
  • Hypothèse débattue
  • Nouvelle hypothèse

Comme le plan dialectique dont il est très voisin, le plan critique porte sur le bien-fondé, la validité d’une hypothèse. Il implique cependant une plus nette prise de position par rapport à une situation, à des faits, dont il faut comprendre qu’ils soulèvent un problème que le travail se propose de résoudre après en avoir évalué l’enjeu.

Ce type de plan n’amène pas à une discussion mais à analyser un problème clairement identifiable dans l’énoncé, en centrant le travail sur la mise en relation des notions contenues dans le libellé. La démarche analytique est donc clairement expositive : expliquer, montrer, démontrer, etc.

  • problème/quoi
  • causes/comment
  • solutions/pourquoi

À la différence du plan thématique, le plan analytique est moins descriptif. il exige une réflexion personnelle de la part du candidat. Ce type de plan est fréquemment utilisé dans les matières nécessitant un important réinvestissement des savoirs ou un enjeu décisionnel (Droit, Histoire, Économie, Sciences politiques).

 – Plan dialectique : « Moi, j’écris pour agir ». Ces propos de Voltaire s’accordent-ils avec votre conception de la fonction de l’écrivain ?
– Plan dialectique : À un ouvrier qui lui avait demandé : « Conduis-nous vers la vérité », l’écrivain russe Boris Pasternak répondit : « Quelle drôle d’idée ! Je n’ai jamais eu l’intention de conduire quiconque où que ce soit. Le poète est comme un arbre dont les feuilles bruissent dans le vent, mais qui n’a le pouvoir de conduire personne ». Vous discuterez cette affirmation en élargissant votre réflexion à la littérature sous toutes ses formes. (Corrigé)

Attention au plan thématique. Comme il s’agit d’un plan descriptif, s’il est mal maîtrisé, il amène souvent à une restitution maladroite des connaissances, ainsi qu’à une présentation linéaire ou répétitive, sans réelle dynamique de composition. 

– Plan thématique : « Romantisme et poésie en France au XIXème siècle. »
– Plan thématique : « La littérature de fiction au XVIIIème siècle »
– Plan thématique : « Quelles sont les conséquences de Mai 68 en France ? »

– Plan critique : Le théâtre est-il une copie de la réalité ?
– Plan critique : Le romancier doit-il se donner pour but de distraire son lecteur ?
– Plan critique : Faut-il avoir peur du progrès technique ?
– Plan critique : Rabelais est-il un auteur sérieux ?(Source : Axel Preiss, La Dissertation littéraire)

– Plan analytique : Certains écrits d’invention à l’EAF exploitent le plan analytique. Ainsi ce sujet (2007, ES/S, centres étrangers) : « Vous avez été témoin, dans votre propre commune, d’une scène proche de celle que décrit Rimbaud dans « Les Effarés ». Vous la racontez (I Constat) dans une lettre à un élu local pour lui faire part de vos émotions (II Causes) et l’inciter à agir » (III Solutions).

retour au sommaire

5

 

LA GESTION DU TEMPS


Minutez votre temps : vous devez aller vite pour ne pas être pris de court le jour de l’examen : n’oubliez pas que les brouillons ne sont pas acceptés !

Si vous disposez de 4 heures, vous devez être structuré(e) par ces 4 heures. Si vous disposez de 3 heures, vous devez être structuré(e) par ces 3 heures : c’est fondamental. À chaque session, de nombreux candidats perdent des points parce qu’ils ne prennent pas suffisamment en considération ces questions de gestion du temps. Si vous prenez trop de temps pour lire un texte par exemple, ou pour rechercher des informations, vous emmagasinerez trop de données, vous aurez du mal à les ordonner, et surtout à les hiérarchiser, d’où une perte de temps, qui sera préjudiciable à la qualité d’ensemble de votre travail.

N. B. Cet exemple est donné à titre indicatif. Bien entendu, vous pouvez l’adapter à votre convenance !


retour au sommaire

6

 

LA PRÉSENTATION DE LA COPIE ET L’EXPRESSION


Comme tout texte argumentatif, la dissertation obéit à une visée clairement didactique : la disposition typographique est donc fondamentale. C’est ce qu’observe en premier lieu le correcteur AVANT de lire votre devoir.

Les découpages (parties, sous-parties ou paragraphes) doivent apparaître à l’œil nu, car ils soulignent la cohérence du plan ainsi que les articulations du raisonnement.Dans l’exemple ci-contre, on peut supposer que la disposition typographique obéit à un plan basé sur la construction thèse/antithèse (chaque partie comportant elle-même trois paragraphes, donc trois arguments).

Comme vous le voyez, la clarté de la présentation est indispensable : votre copie doit donc être aérée par des sauts de ligne qui séparent visuellement l’introduction, chaque partie du développement ainsi que la conclusion.

De même, il faut vous rappeler que chaque paragraphe commence par un alinéavisible. N’oubliez pas en revanche que la dissertation littéraire (tout comme la dissertation philosophique) ne doit comporter NI TITRE, NI NUMÉROTATION : certes, sur votre brouillon, il est tout à fait recommandé de mettre des titres à vos parties afin de visualiser votre parcours démonstratif, mais ces titres ne doivent pas figurer sur votre copie. Vous devez problématiser sous forme de phrase.

Enfin, le plan doit être visible grâce aux mots charnières qui énumèrent (« tout d’abord », « en premier lieu », « pour commencer », « par ailleurs », « en outre », « de plus ») qui annoncent une conséquence (« ainsi », « à cet effet »), etc.

Pensez également à ménager des transitions car elles sont fondamentales : elles traduisent en effet une cohérence dans la démonstration. N’hésitez pas à les mettre en valeur, en les détachant par exemple du paragraphe.

L’orthographe et l’expression

Faut-il revenir sur d’évidentes conventions de graphie ?

  • les coupures de mots en fin de ligne (conson-nes doubles) par exemple.
  • les accents, les règles d’accord du participe passé, notamment les terminaisons verbales en é/er.
  • l’écriture des noms propres, pourtant connus. C’est encore plus agaçant quand il s’agit d’auteurs dont le nom est mentionné dans le corpus ou le sujet.
  • les familiarités de langage : n’attendez aucune indulgence, a fortiori dans les examens et concours de haut niveau, pour ce qui concerne tout relâchement au niveau du lexique.
  • Soyez également rigoureux dans le choix du vocabulaire utilisé : attention par exemple à l’usage que vous faites du verbe « citer » : c’est toujours vous qui citez et non l’auteur qui « cite » !
  • Rappelez-vous aussi que les titres des œuvres se soulignent (ou se mettent en italiques dans le cas d’un texte tapé). Si le titre commence par un article défini, le premier substantif nommé doit commencer par une majuscule : Une vie (Maupassant) mais La Vie devant soi (Émile Ajar) ; Un barrage contre le Pacifique mais L’Amant (Duras).
  • Évitez enfin les parenthèses qui, en rompant le rythme de lecture, alourdissent considérablement la rédaction. Veillez aussi à la syntaxe (constructions de phrase).

Attention aux fautes sur du vocabulaire d’usage qui dénotent un manque de rigueur (d’autant plus qu’il n’est quand même pas compliqué d’apprendre une fois pour toutes l’orthographe de certaines expressions !) :

  • Quand à pour quant à
  • malgrés pour malgré
  • (malgré que : sans être incorrecte, cette expression est néanmoins lourde et jugée par la doctrine fort peu littéraire. Elle suscite d’ailleurs de nombreux débats : un certain nombre de « puristes » estimant que, dans un registre soutenu, malgré que doit s’employer uniquement avec avoir au subjonctif : malgré que j’en aie, qu’il en ait, etc. Dans le doute, préférez « bien que »
  • Voir (dans le sens de « et même ») au lieu de voire
  • quatres pour quatre
  • de faite pour de fait (en raison de la prononciation du « t » à l’oral qui n’est pas recommandable)
  • etc.

Je ne saurais trop en outre insister sur la correction de la langue et de l’expression, qui doit rester soutenue : n’oubliez pas qu’une dissertation constitue un test de culture générale. La clarté (attention aux copies-brouillon) ainsi que la maîtrise de l’écriture sont donc essentielles. 


retour au sommaire

7

 

LA RECHERCHE DES IDÉES


Le plus facile est de prendre une copie GRAND FORMAT dans le sens de la LONGUEUR et de faire 3 colonnes (voir l’illustration ci-dessous).

  1. Dans la colonne de gauche, vous écrivez toutes les idées (c’est-à-dire les arguments) telles qu’elles se présentent à votre esprit, sans les classer.

  2. Une fois que vous avez terminé, dans la colonne du milieu, vous allez classer vos arguments : il s’agit de reprendre chacune des idées de la colonne de gauche mais EN LES ORDONNANT ET EN LES REGROUPANT.

  3. Dans la colonne de droite, vous allez faire correspondre en face de chaque argument UN OU DEUX EXEMPLES.


retour au sommaire

8

 

LE PLAN : ORDRE, PROGRESSION ET COHÉRENCE


« Une stratégie »

Donnez à ce terme une couleur militaire. Un plan, c’est un peu un plan de bataille. Vous allez livrer une sorte de combat : un combat implicite contre les opinions, les préjugés ; un combat explicite contre un sujet partiel, voire partial. Un combat qui ne vise à vaincre personne mais à convaincre votre lecteur fictif, c’est-à-dire vaincre son ignorance ou son parti pris. Et votre lecteur réel, votre correcteur, appréciera VOTRE APTITUDE À MENER CE COMBAT DANS LES RÈGLES.

De même qu’il y a un art militaire, il y a aussi un art d’argumenter et de convaincre, un art d’établir un plan stratégique car ce n’est pas une guerre de tranchées que l’on vous demande de mener : vous devez au contraire faire preuve d’efficacité, d’économie. Il faut économiser les mouvements, donner à chaque idée son intensité maximale, c’est-à-dire penser sa dynamique, la façon dont elle en appelle une autre, dont elle s’enchaîne à un exemple, de manière à avancer.

Hélène Merlin-Kajman,
La Dissertation littéraire
2009, « Les Fondamentaux de la Sorbonne nouvelle »,
Presses Sorbonne Nouvelle, page 51.

Il est important, particulièrement dans une dissertation, d’ordonner la réflexion. Les qualités d’un bon plan sont d’abord des qualités logiques permettant la mise en œuvre d’un raisonnement.

Votre plan doit donc amener le lecteur à comprendre la logique démonstrative sur laquelle repose votre réflexion.

Comme il a été très bien dit, « il s’agit […] de faire face à la masse de remarques, d’idées, de propositions nées progressivement à mesure que le sujet a été analysé […]. Un travail d’organisation est alors nécessaire : le plan.
[…] Construire un plan revient donc bien à édifier, à permettre l’instauration d’une organisation : il s’agit de parvenir à une construction cohérente et logique font on a d’abord établi la finalité. Il faudra classer, hiérarchiser, choisir les arguments les plus pertinents […] : le plan doit rendre compte à la fois d’une organisation claire en ce qu’il est fixé et d’une pensée dynamique en ce qu’elle exhibe sa construction »⁴.

Il faut donc structurer le devoir selon une logique de progression qui va toujours du moins important au plus important. Il convient ainsi de partir des idées les plus générales ou les plus évidentes pour les approfondir : une dissertation obéit en effet à une finalité que l’on peut résumer ainsi : « D’où est-ce que je suis parti ? Pour parvenir où ? » 

Ce principe de cohérence est d’autant plus essentiel que la dissertation repose sur une logique démonstrative. Pensez aussi à confronter les points de vue, les textes entre eux : c’est de cette façon que vous enrichirez votre raisonnement, que vous nuancerez vos prises de position.

Pour les sujets qui comportent une thèse à discuter, le plan sera évidemment dialectique (thèse validée/discutée/réajustée = certes/mais/en fait). Évitez à ce titre le plus possible les avis trop tranchés [voir supra : « Une trop grande implication personnelle »]. N’oubliez pas qu’il s’agit d’examiner une problématique : confronter ne veut pas dire nécessairement opposer, mais plus simplement comparer, c’est-à-dire mettre en relation plusieurs approches dans un esprit de curiosité intellectuelle et de tolérance. À ce titre, de moins en moins nombreux sont les candidats qui pensent à utiliser les tournures interro-négatives ou concessives : c’est dommage car elles offrent l’avantage de nuancer subtilement certaines prises de position :

Ne convient-il pas de se demander si la poésie n’a de fonction qu’esthétique ? N’a-t-elle pas aussi un rôle social à jouer dans la société ? (tournure interronégative)

Si l’on ne peut nier la fonction esthétique de la poésie, il importe en revanche de souligner son rôle politique au sein de la société… (tournure concessive)

Afin de guider le correcteur dans votre parcours argumentatif, n’oubliez pas enfin d’utiliser les connecteurs logiques ainsi que les tournures de transition. De fait, il ne faut jamais enchaîner les arguments en se contentant de juxtaposer les idées entre elles. 


retour au sommaire

9

 

LA STRUCTURE DU PARAGRAPHE : le principe de l’unité de sens


Le paragraphe argumentatif doit respecter certaines règles simples :

  1. Annoncer l’idée (au moyen d’un connecteur logique marquant la relation au paragraphe précédent). En premier lieu, vous devez présenter l’idée directrice en une ou deux phrases succinctes dans un souci de clarté. Il faut qu’en vous lisant le correcteur (et n’importe quel lecteur) puisse répondre spontanément à la question : « De quoi est-il question dans ce paragraphe ? » Il s’agit en effet pour le candidat de se situer précisément par rapport à d’autres points de vue en énonçant une pensée dont la vérité sera soutenue par le raisonnement. Votre formulation se doit donc d’être précise et claire. Vous lirez ici et là que l’annonce de l’idée principale ne doit pas se situer forcément au début. Certains en effet placent l’idée au milieu voire à la fin du paragraphe. Cela dit, il me paraît souhaitable de respecter la règle selon laquelle tout paragraphe argumentatif commence par l’annonce de l’idée dont découle une déduction à la suite d’un raisonnement. Cette structure est certes un peu rigide mais elle permet d’éviter les maladresses de méthode.

  2. Développer l’idée. C’est la phase d’approfondissement et d’explicitation : de fait, il est très maladroit de trouver dans certaines copies un argument certes pertinent, mais qui n’est pas développé. D’où une impression de superficialité, puisque le lecteur n’a pas pu suivre et donc comprendre votre logique démonstrative. Avant de passer à l’exemple, il est donc impératif d’étayer l’idée annoncée. N’oubliez pas qu’une idée n’arrive pas « d’un coup » : elle est le fruit d’un processus, d’un travail spécifique que le candidat élabore progressivement en utilisant son intelligence et ses connaissances. Derrière les mots, c’est donc d’abord un raisonnement logique que vous devez mettre en valeur.

  3. Illustrer l’idée. C’est la fonction des exemples. Vous ne devez pas les multiplier afin d’éviter l’impression de « catalogue » que présentent certaines mauvaises copies : un ou deux exemples bien ciblés et rattachés à la problématique sont préférables à une succession d’exemples qui feraient perdre au paragraphe son unité de composition et de sens. Pensez à développer votre exemple : soyez tout d’abord précis dans vos références (titre de l’oeuvre, numéro de chapitre, référence d’acte, de scène, etc.) ; commentez, même brièvement l’exemple choisi en montrant en quoi il vient illustrer l’argument avancé.

  4. Déduire. Il est évidemment recommandé de ne pas achever le paragraphe sur un exemple. Vous devez dans la mesure du possible proposer une déduction qui confirme l’idée annoncée en début de paragraphe et permette ainsi de mieux lier la démonstration à la problématique d’ensemble.


retour au sommaire

10

 

L’INTRODUCTION


L’

introduction doit être fluide et se lire aisément. Sa longueur ne doit pas excéder une page environ. 

Elle se compose de trois étapes essentielles :

  1. L’entrée en matière
  2. L’annonce du sujet et la définition d’une problématique
  3. L’annonce du plan

10-1 L’entrée en matière

Appelée également « amorce », « accroche » ou « préambule », elle a pour but d’éveiller l’intérêt du lecteur et de susciter sa curiosité intellectuelle. Plus fondamentalement, l’entrée en matière doit amener à situer le cadre du sujet.

10-1-1 L’accroche par citation. Elle peut se révéler très utile à la condition bien entendu que la citation ait un rapport étroit avec le sujet. À ce titre, on n’introduit jamais (sauf cas très particulier) une citation à commenter ou à discuter par une autre citation : ce serait d’une extrême maladresse. Il y a une manière de citer. De nombreux candidats éprouvent toujours des difficultés dans leur façon d’amener la citation.

Considérons par exemple cette phrase d’accroche :

« La poésie est l’étoile » (V. Hugo). Nous allons réfléchir aux fonctions de la poésie. 

Cela ne convient évidemment pas. De plus, la citation n’est pas mise en valeur. On pourrait imaginer une entrée en matière de ce type : « Dans un texte célèbre, Victor Hugo, chef de file des Romantiques, assigne à la poésie la mission de guider les hommes : « La poésie est l’étoile » écrit-il. De fait, la poésie… »

Autre exemple [CPGE, thème : le monde des passions] : Dans les Pensées, publiées à titre posthume en 1670, Pascal affirme que « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas » |citation 1|. Cet aphorisme réactive l’antagonisme entre raison et passion, constitutif du discours classique. |phrase d’accroche amenant au sujet|C’est pourtant contre cette thèse que Paul Ricœur, dans sa Philosophie de la volonté, écrit que |citation à discuter|« les passions procèdent du foyer même de la volonté et non du corps ; la passion trouve sa tentation et son organe dans l’involontaire, mais le vertige procède de l’âme. En ce sens précis les passions sont la volonté même ». |reformulation et mise en débat| De tels propos méritent cependant d’être discutés : si les passions ont la même origine que la volonté, c’est-à-dire qu’elles proviennent directement de l’âme, peut-on pour autant affirmer comme le suggère le philosophe, qu’elles témoignent de notre liberté et non de notre aliénation ?

Conseil : Si l’accroche par citation est souvent pertinente, il faut veiller cependant à ne pas faire de commentaire de cette citation qui amènerait à perdre complètement de vue le sujet !

10-1-2 Signalons aussi ici l’accroche par analogie. Elle consiste à s’appuyer sur une ressemblance entre un autre cas et la situation à traiter selon un principe de spécification. Il y aura donc similitude entre deux situations où les connaissances relatives à l’une sont en partie transférées à l’autre. Dans les exemples qui suivent, l’accroche par analogie est couplée à l’accroche par citation :

|Objet d’étude : le roman :Poésie roman| Dans un essai célèbre sur Victor Hugo, Baudelaire affirme du poète que c’est « un traducteur, un déchiffreur ».Ces propos nous semblent parfaitement s’appliquer au romancier

|Objet d’étude : les passions : Amour→ passions|Dans un texte célèbre, l’écrivain Stendhal affirme : « L’amour est comme la fièvre, il naît et s’éteint sans que la volonté y ait la moindre part ».Pareille réflexion nous semble parfaitement s’appliquer au phénomène passionnel, tel que le définit le philosophe Alain, dans ses Propos sur le bonheur : « Ma passion, c’est moi et c’est plus fort que moi ». De fait, une question se pose… |Problématique|

10-1-2 L’accroche par énumérations ou questionnements. Elle part souvent d’anecdotes* ou d’exemples* à valeur factuelle (énoncés de faits, d’événements tirés de l’actualité, d’œuvres, etc.) amenant au questionnement suggéré par le sujet. Sa démarche est donc inductive : alors que le raisonnement déductif dérive d’une règle générale, l’approche inductive va tenter au contraire d’amener à une problématique générale à partir d’informations partielles, ou d’énumération de cas particuliers, d’exemples, de faits.

La passion est-elle une fatalité ? Peut-on même comprendre une passion ? la maîtriser ? |questionnements| Le philosophe Alain, en réponse à ces questions, apporte dans ses Propos sur le bonheur une réponse paradoxale qui montre autant la grandeur que la misère de l’homme passionné : « Ma passion, c’est moi et c’est plus fort que moi » écrit-il. Quel sens donner à cette formule, expression d’une conscience autant que d’une défaillance personnelle ?

Orgueil, humilité, amour, haine… |énumération| Nos passions, bien plus que la raison, régissent souvent nos pensées et nos actes au point de déterminer notre rapport au monde. A ce titre, le philosophe Alain n’hésite pas à affirmer dans ses Propos sur le bonheur  : « Ma passion, c’est moi et c’est plus fort que moi ». Quel sens donner à cette formule, expression d’une conscience malheureuse autant que d’une défaillance personnelle ?

* Il conviendra d’être très prudent si vous partez d’une anecdote ou d’exemples, dans la mesure où l’orientation argumentative d’un passage narratif ou descriptif peut se révéler des plus hasardeuses si elle n’est pas maîtrisée. Par son rôle interactif et déclencheur, une anecdote fictive ou autofictive peut s’avérer néanmoins utile dans les discours, les lettres argumentatives, les écritures personnelles (type BTS), etc. car elle a le mérite d’impliquer le destinataire et de mettre en place la discussion.

10-1-4 L’accroche en allant du général au particulier. Basée sur le raisonnement déductif, elle consiste à partir d’un principe universel ou d’un énoncé volontairement général duquel on pourra dégager un enjeu afin d’amener progressivement le sujet à traiter.

Prenons l’exemple de ce sujet de dissertation de culture générale : « La télévision a une sorte de monopole de fait sur la formation des cerveaux d’une partie très importante de la population. » Vous commenterez et au besoin discuterez cette affirmation de Pierre Bourdieu (Sur la télévision).

Pour réussir l’accroche, il ne faut pas partir du « général » mais du « particulier » (la télévision) et remonter progressivement vers le général : 1) la télévision. 2) ensemble plus large : la TV fait partie des médias, des moyens d’information et de communication. 3) Ces moyens se sont largement développés pendant les Trente glorieuses avec l’avènement d’une société de consommation.

Il suffit ensuite d’inverser l’ordre en allant du général au particulier (3 puis 2 puis 1) : « L’avènement d’une société de consommation de masse particulièrement sous les Trente Glorieuses (3) a bouleversé l’équilibre des systèmes d’information et de communication (2) au premier rang desquels figure la télévision : n’est-elle pas devenue un véritable phénomène de société ? À ce titre, le sociologue Pierre Bourdieu affirmait… »
_

Conseils :
– attention à l’utilisation de clichés ou de formules trop stéréotypées dans votre accroche (« Depuis la nuit des temps »…)
– Ne partez pas de considérations qui, trop éloignées du sujet, en rendraient difficiles la compréhension.
– Lors de la contextualisation, ne rentrez pas dans des détails n’ayant aucun lien avec le sujet et qui déboucheraient sur une sorte d’exposé ou de commentaire à n’en plus finir sur le contexte historique, social, littéraire, etc.

10-2 L’annonce du sujet et la définition d’une problématique

Cette deuxième étape est essentielle puisqu’elle amène à poser la question à laquelle votre devoir va répondre. D’abord, vous devez rappeler l’intitulé du sujet. Si le sujet est une citation à discuter, vous devez la réécrire telle quelle, sans modification. Dans le cas où la citation serait très longue, vous pouvez la condenser en ne citant que les passages clés. Attention à bien relier cette étape avec l’entrée en matière. Rien n’est plus maladroit qu’un sujet annoncé sans lien avec l’accroche. Par ailleurs, n’hésitez pas à reformuler (brièvement, de façon claire et concise) le sujet afin de fournir un éclaircissement.

Prenez par exemple ce sujet de discussion : « Au début de son roman Aden-Arabie (1931), l’écrivain Paul Nizan affirme : « J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. » Vous discuterez ces propos ». Au-delà de sa dimension polémique (la dénonciation de la culture bourgeoise), ce sujet amène en fait à une réflexion sur la jeunesse. La citation de Nizan pourrait être reformulée ainsi : « Remplie de doutes, de révolte, de désirs parfois contradictoires, cette étape de la vie qu’est la jeunesse est considérée par Paul Nizan comme l’âge des désillusions ». La reformulation s’avère ici essentielle. Elle conduit à la problématisation : « Problématiser » un sujet signifie montrer en quoi le sujet légitime un questionnementproposé à la réflexion, et rendant nécessaire la recherche d’une solution. La problématisation implique donc un enjeu, une mise en perspective critique.

Conseil : Évitez à tout prix de réduire le sujet à un banal questionnement qui n’amènerait à aucune réflexion, à aucun enjeu.
– CPGE : vous devez impérativement rappeler les œuvres au programme ! 

10-3 L’annonce du plan

C’est évidemment une étape incontournable puisqu’il s’agit pour le candidat d’annoncer la manière dont il va traiter le sujet, en lien avec la problématique. À ce titre, je vous recommande de ne pas rentrer dans le détail des arguments. Annoncez synthétiquement les grands axes de votre réflexion. « Il faut veiller, lors de cette étape, à être le plus clair possible, et cet impératif de clarté passe souvent par l’emploi d’un vocabulaire simple et précis, ainsi que par un choix judicieux des connecteurs logiques qui jalonnent l’annonce des différentes parties

Les qualités d’un bon plan

L’introduction ne doit pas comporter de longues phrases ET SURTOUT PAS D’EXEMPLES. De même, votre plan doit être un PLAN D’IDÉES et PAS un plan d’exemples. Il a pour but de présenter au lecteur de manière claire et synthétique les grandes lignes du raisonnement.

Ce qui pose le plus de difficultés aux candidats est d’organiser leur plan autour d’idées. Bien souvent, comme dans le commentaire, ce sont malheureusement les exemples qui président à l’élaboration du parcours démonstratif, de là des paragraphes très plats, reposant sur des faits et non des arguments. Je vous rappelle l’une des règles essentielles de la dissertation : à savoir que vous devez structurer chacune des parties autour de deux ou trois arguments en partant de l’argument le plus évident (le moins important) pour arriver à l’idée la plus essentielle à vos yeux. 


retour au sommaire

11

 

LA CONCLUSION


Elle se doit d’être brève et synthétique. Elle comporte en général deux étapes :

  1. Le bilan. À la différence de l’introduction qui va du général au particulier, la conclusion va toujours du particulier au général. Dans le bilan, il ne s’agit pas de rappeler les étapes du raisonnement, ce qui vous amènerait à d’inévitables redites, mais les résultats auxquels vous êtes parvenu au terme de votre démonstration. Rappelez-vous que la ou les questions posées par la problématique dans l’introduction doivent trouver en conclusion leur réponse. Plus subtilement, il vous faut mettre l’accent sur la démarche ayant permis de répondre à la problématique posée : « Où est-ce que je suis parvenu par rapport à l’introduction ? » La conclusion doit donc vous amener à une prise de position.

  2. L’ouverture (ou élargissement). Cette question fait souvent débat : est-il utile d’ouvrir les perspectives par un nouveau questionnement, sans tomber dans des considérations qui n’auraient plus aucun rapport avec le sujet ? Oui, à la condition que ce questionnement ait une légitimité, une justification. Or, force est de reconnaître que beaucoup de conclusions débouchent sur des élargissements peu probants d’un point de vue intellectuel, ce qui est pénalisant, particulièrement en fin de devoir : si vous manquez d’inspiration, je vous recommande donc de ne pas élargir. Certes, il est possible d’ouvrir une perspective, mais en restant dans les limites de la problématique posée, au risque de laisser le correcteur sur une mauvaise impression.

Copyright © janvier 2010, Bruno Rigolt.Dernière révision du texte : lundi 11 avril 2016 22:27

_______________

NOTES
1. Francine Thyrion, La Dissertation : Du lieu commun au texte de réflexion personnelle, éd. De Boeck, Bruxelles 2006, p. 6
2. Voir en particulier ce site : Anagnosis Lettres & classiques.
3. Jacques Deguy, Christian Leroy, Paul Renard, Christian Leroy… [et al.] ; sous la direction d’Yves Baudelle, Dissertations littéraires générales, Paris 2005, Armand Colin « Coll. Cursus », page 13. Une nouvelle édition est sortie en 2014 (notice éditeur).
4. Hervé Bismuth, Martine Jacques, Hélène Monnot, La Dissertation littéraire et ses enjeux. Parcours méthodologique. 2011, Éditions Universitaires de Dijon, page 75. 


retour au sommaire

12

 

POUR ALLER PLUS LOIN ET S’ENTRAÎNER…


Vous pouvez vous entraîner à partir de ces sujets :

  • |Réflexion sur la littérature en général| Selon vous, qu’est-ce qu’un bon livre ? Excellent travail d’élève disponible en cliquant ici.

  • |Objet d’étude : Poésie et quête du sens| Dans la préface de son recueil de poèmes Les Contemplations (1856), Victor Hugo répond à ceux qui se plaignent « des écrivains qui disent moi » : « Ah ! quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! insensé qui crois que je ne suis pas toi ! »… Quand vous lisez de la poésie, attendez-vous qu’un poète vous parle de lui, de vous ou bien attribuez-vous à la poésie d’autres rôles ?

  • |Objet d’étude : la poésie| Dans une conférence prononcée à Londres le 24 juin 1936 à l’occasion de l’exposition internationale du Surréalisme, Paul Éluard  affirme que les poètes « ont appris les chants de révolte de la foule malheureuse […], ils ont maintenant l’assurance de parler pour tous ». Vous discuterez cette affirmation. Corrigé disponible en cliquant ici.

  • |Réflexion sur la littérature en général| À un ouvrier qui lui avait demandé : « Conduis-nous vers la vérité », l’écrivain russe Boris Pasternak répondit : « Quelle drôle d’idée ! Je n’ai jamais eu l’intention de conduire quiconque où que ce soit. Le poète est comme un arbre dont les feuilles bruissent dans le vent, mais qui n’a le pouvoir de conduire personne ». Vous discuterez cette affirmation en élargissant votre réflexion à la littérature sous toutes ses formes. Corrigé disponible en cliquant ici.

  • CPGE 2016 |Dissertation sur programme. Thème : le monde des passions| : « Orientée vers le passé, remplie par son image, la conscience du passionné devient incapable de percevoir le présent : elle ne peut le saisir qu’en le confondant avec le passé auquel elle retourne, elle n’en retient que ce qui lui permet de revenir à ce passé, ce qui le signifie, ce qui le symbolise : encore signes et symboles ne sont-ils pas ici perçus comme tels, mais confondus avec ce qu’ils désignent. » Dans quelle mesure votre lecture des trois œuvres au programme éclaire-t-elle ce jugement de Ferdinand Alquié, dans Le Désir d’éternité ?Corrigé de dissertation disponible en cliquant ici.

  • |Objet d’étude : le roman| On a souvent reproché au roman d’encourager les rêves et les illusions du lecteur. Ce reproche vous paraît-il pleinement fondé ?

  • |Objet d’étude : le roman| L’amour occupe dans le roman une place essentielle. En quoi sa représentation est-elle révélatrice du regard porté par le romancier sur l’homme et la société ?

Les épreuves du bac de français vous inquiètent ? Pas de panique, Copiedouble est là et vous accompagne !

Qu'est-ce qu'une dissertation ?

Une dissertation est une réflexion argumentée qui s'appuie à la fois sur du cours et sur des lectures.

Autrement dit, on vous demande de réfléchir à une question posée et de réutiliser vos connaissances d'élève et votre expérience de lecteur, en étant logique et en structurant votre pensée.

C'est l'une des trois épreuves d'écriture proposées à l'écrit du bac de français.

Sur quoi porte le sujet d'une dissertation ?

Le sujet de la dissertation porte sur l'un des objets d'étude que vous avez vus avec votre professeur de français pendant l'année.

Il concerne ainsi « le roman » ou « l'argumentation » ou bien « le théâtre » ou encore « la poésie ». Si vous êtes en série L, il peut concerner aussi « l'humanisme » ou bien encore « les réécritures ».

Il peut aussi regrouper plusieurs objets d'étude, par exemple « poésie et argumentation ». Enfin, même si c'est beaucoup plus rare, il peut également porter sur un champ d'analyse plus large comme « la littérature ».

Comment le sujet est-il formulé ?

Il y a deux types de sujet : le sujet-question et le sujet-citation.

Le sujet-question

Le sujet se présente généralement sous la forme d'une question, plus ou moins longue.

Exemple de sujet-question :

« La poésie sert-elle seulement à exprimer les sentiments personnels du poète ? ».

Autre exemple de sujet-question :

« De quelles ressources spécifiques le théâtre dispose-t-il pour représenter les conflits, les débats, les affrontements qui peuvent exister dans les rapports humains ? ».

Quoi qu'il en soit, cette question sera toujours suivie d'une consigne vous appelant à bien utiliser vos connaissances (donc le cours), les textes que vous avez sous les yeux le jour de l'épreuve (c'est-à-dire ceux du corpus) et votre expérience (de lecteur).

La consigne est du type :

« Vous répondrez en vous appuyant sur les textes qui vous sont proposés, ceux que vous avez étudiés en classe et vos lectures personnelles. »

Le sujet-citation

Parfois le sujet se présente sous la forme d'une citation.

On vous donne donc un extrait de livre théorique ou bien la parole d'un auteur, d'un critique, d'un personnage... Il s'agit alors pour vous de commenter cette citation et de la discuter.

La question implicite est : « Et vous, élève et lecteur, qu'en pensez-vous ? Partagez-vous l'avis de l'auteur de cette citation ? ». D'ailleurs, souvent, on vous reformule la pensée de cette citation pour que vous compreniez bien le sujet.

Les consignes qui accompagnent ce sujet-citation sont les mêmes que pour un sujet-question. Il faut toujours s'appuyer « sur les textes qui vous sont proposés, ceux que vous avez étudiés en classe et vos lectures personnelles. ».

Exemple de sujet-citation :

''Malgré ses airs de conte fantastique, cette légende est vraie d'un bout à l'autre...'', écrit Alphonse Daudet dans La légende de l'homme à la cervelle d'or. Vous vous demanderez pourquoi certains écrivains ont recours à la fiction pour transmettre des vérités ou des leçons. Vous répondrez en vous appuyant sur le texte d'Alphonse Daudet et sur d'autres oeuvres que vous connaissez.

Vous le constatez, la citation de Daudet est donnée mais elle est ensuite reformulée. Le sujet est en vérité : « Pourquoi certains écrivains ont-ils recours à la fiction pour transmettre des vérités ou des leçons ? »

Autre exemple de sujet-citation :

''Vraiment, puisqu'on crie tant sur ces fichues Lettres, je me repens bien de ne pas en avoir dit davantage !'' écrit Voltaire dans sa correspondance. Dans quelle mesure le fait de choquer permet-il aux écrivains de faire progresser les idées qu'ils défendent ? Vous appuierez votre développement organisé sur des exemples tirés du corpus, sur des textes étudiés en classe ou sur vos lectures personnelles.

Là encore, la citation de Voltaire sert d'entrée en matière mais elle est ensuite reformulée. Le sujet est en vérité : « Dans quelle mesure le fait de choquer permet-il aux écrivains de faire progresser les idées qu'ils défendent ? »

Bilan sur les sujets

Vous le voyez, les sujets de dissertation en vérité se ressemblent. Il s'agit de traiter une question posée sur un objet d'étude et à répondre à cette question, en s'appuyant sur le cours et sur les lectures que vous avez faites en classe ou à la maison.

Sur combien de points est la dissertation ?

L'épreuve est légèrement différente selon les séries. En séries générales (L, S, ES), la dissertation est en effet sur 16 points (et la partie « Question » est sur 4 points). En séries technologiques (STL, STG, STI2D etc), elle est sur 14 points (et la partie « Questions » est sur 6 points).

En dehors du nombre de points, quelle est la différence entre les séries technologiques et les séries générales ?

En séries technologiques, la dissertation est souvent formulée de manière à vous indiquer les deux parties qui constitueront le développement de votre dissertation. En résumé, on vous donne le plan !

En revanche, en séries générales, la formulation vous aide souvent un peu moins. Le plan est à trouver d'après une question générale.

Petite remarque : on attend 3 parties en séries générales tandis que 2 conviennent parfaitement en séries technologiques.

Dernière chose : votre copie sera sûrement valorisée si vous prenez le sujet de dissertation plutôt qu'un commentaire ou une écriture d'invention. En effet, le mot « dissertation » semble faire tellement peur aux élèves que peu d'entre eux se risquent à choisir cette épreuve ! L'examinateur sera donc bienveillant si vous prenez la « dissertation ». Cela ne signifie pas qu'il vous donnera forcément une bonne note mais il sera sans doute moins sévère dans ses exigences que pour un commentaire ou une écriture d'invention.

Avec de la méthode et des connaissances, la dissertation n'est pas du tout infaisable, bien au contraire. Entraînez-vous toute l'année pour bien savoir faire. Le jour du bac, ce peut être un choix payant. Pensez-y !

Que mettre dans une dissertation ? Comment la structurer ?

Quel que soit le sujet, la dissertation est toujours structurée. Elle se compose d'une introduction, d'un développement en 2 ou 3 parties (avec une transition entre chaque partie) et d'une conclusion en fin de devoir.

Une dissertation ne peut jamais être constituée d'1 ou 4 parties. Une seule partie signifierait un plan inexistant. L'existence de quatre parties signifierait que le plan a été mal ajusté ; il faut parvenir à réintégrer tous les éléments dans 2 ou 3 parties.

Faut-il faire « thèse, antithèse, synthèse » ?

Attention ! Le plan « thèse, antithèse, synthèse » est une caricature. De plus, selon le sujet, il peut être complètement faux !

En vérité, le plan dépend du sujet.

D'une manière générale, il existe trois sortes de plan : le plan dialectique ; le plan thématique ; le plan analytique.

Le plan dialectique est à faire lorsqu'il vous paraît évident que l'affirmation donnée dans le sujet est discutable. Dès que vous avez envie de dire « oui mais en fait ça dépend des cas », il faut faire ce plan dialectique. Exemple de sujet : « La poésie sert-elle seulement à exprimer les sentiments personnels du poète ? ». La réponse est évidemment : oui mais pas seulement ! Ce mot « seulement » présent dans la formulation du sujet (« La poésie sert-elle seulement à ») doit d'ailleurs vous alerter. Il appelle forcément un plan dialectique ! En résumé, son plan est constitué de 3 parties : I/« oui, car ... » ; II/ « mais, car ... » ; III/ « en vérité la situation est à envisager un peu différemment car ... ».

Nous vous expliquons un peu plus loin de quoi il s'agit exactement.

Le plan thématique est à faire quand on ne vous demande pas de remettre en cause la citation ou l'affirmation mais seulement de la développer, selon des thèmes différents. En résumé, vous ne pouvez pas être d'un avis contraire et ce plan est constitué de 3 parties : I/ « oui, selon tel thème car ... » ; II/ « oui, selon tel thème car ... » ; III/ « oui, selon tel thème, car ... ».

Là encore, nous vous expliquons un peu plus loin de quoi il s'agit exactement.

Le plan analytique est un plan qui analyse un phénomène selon un constat effectué à la base. En résumé, ce plan sera constitué de 3 parties. Par exemple : I/ causes du phénomène observé ; II/ conséquences du phénomène observé ; III/ solutions à apporter et limites de ces solutions. Autre exemple : I/ étude détaillée du phénomène avec ses conséquences ; II/ solutions mises en place ; III/ limites de ces solutions. Ce plan analytique existe donc bel et bien mais au bac de français, il n'a pas lieu d'être. On le trouve en épreuves de français par exemple en « Culture générale et expression » pour des BTS mais pas en classes de première. Nous ne développerons donc pas ici son fonctionnement.

Au bac de français, le sujet de dissertation appelle un plan dialectique ou bien un plan thématique. Vous devez par conséquent apprendre à savoir faire les deux.

Alors, qu'est-ce qu'un « plan dialectique » ?

Un plan dialectique est composé de 2 parties en séries technologiques mais de 3 parties en séries générales.

Dans la 1ère partie, vous allez toujours dans le sens du sujet. En gros, vous dites « oui » à la question posée. Pour cela, vous vous appuyez sur 3 arguments, chacun bien développé avec un exemple. Ces 3 arguments doivent montrer que l'affirmation, formulée directement ou reformulée d'après une citation, est valable.

Dans la 2e partie, vous nuancez cet avis. En gros, vous dites « mais » à la question posée et vous réduisez le champ d'action de votre réponse de 1ère partie. Sans dire le contraire, vous nuancez donc votre 1ère partie. Il s'agit cette fois de trouver un ensemble de 3 nuances à apporter à la première partie. Attention ! Après avoir défendu avec force un avis, il serait incohérent de maintenant le détruire et de vouloir prouver l'inverse ! Il faut donc bien développer non pas des arguments contraires à la première partie mais montrer les faiblesses et les limites de cette première thèse. En somme, il faut montrer que les choses ne sont pas aussi simples qu'on pourrait le croire.

Les élèves de séries technologiques s'arrêtent là.

En revanche, les élèves de séries générales doivent faire la 3e partie, qui est la plus difficile : reconsidérer le sujet et tenter d'aller plus loin que le « oui, mais ». En résumé, il s'agit dans cette 3e partie de dire « en vérité la situation est à envisager un peu différemment car ... » à la question posée et aux réponses que vous avez déjà apportées. On dépasse la question « oui ou non » en modifiant légèrement l'angle d'attaque du problème. Souvent c'est l'occasion de redéfinir un genre littéraire, de s'intéresser à l'écriture et au style des auteurs.

EXEMPLE DE PLAN DIALECTIQUE

Reprenons notre sujet sur la poésie : « La poésie sert-elle seulement à exprimer les sentiments personnels du poète ? ». Le « sert-elle seulement à » invite à dire « oui mais ». Pas de doute possible : il faut faire un plan dialectique.

Dans la 1ère partie, on va dans le sens de la question. L'idée directrice de cette 1ère partie sera donc « La poésie sert à exprimer les sentiments personnels du poète. » Remarquez qu'on supprime le « oui » (qui n'est là que pour vous faire comprendre la méthode mais qu'on n'écrit surtout jamais!). Remarquez également qu'on supprime le « seulement » de la question. C'est fait exprès, puisqu'on se positionne clairement d'un côté : on affirme que cette idée est valable. Dans cette 1ère partie, on va donc donner des arguments et des exemples concernant la poésie lyrique, qui exprime les sentiments personnels du poète. C'est un aspect du cours de la poésie qu'on connaît bien. Les idées et les exemples ne devraient donc pas manquer.

Dans la 2e partie, on nuance cette position prise dans la 1e partie. La transition entre la 1ère et la 2ème partie pourrait donc être « Bien qu'elle serve souvent à exprimer les sentiments personnels du poète, la poésie ne se réduit pas à cela. » L'idée directrice de la 2ème partie serait alors : « La poésie s'adresse en fait à nous, lecteurs, pour nous faire réagir. » Dans cette 2ème partie, on va donc étudier la poésie qui n'est pas lyrique mais engagée. C'est l'autre aspect du cours de la poésie, qu'on connaît bien également. Là encore, les idées et les exemples ne devraient donc pas manquer.

Les élèves qui sont dans des séries technologiques peuvent s'arrêter là dans le développement. Les élèves de séries générales doivent quant à eux désormais reconsidérer le sujet en disant en résumé « en vérité la situation est à envisager un peu différemment car ... ».

Dans la 3e partie, on reconsidère le sujet et on modifie légèrement l'angle d'attaque du problème. Ici on dépasse donc le clivage poésie lyrique / poésie engagée et on s'interroge : si on ne peut définir la poésie ni par son aspect lyrique ni par son aspect engagé, comment la définir ? On revient alors au sujet et on le retravaille. « La poésie sert-elle seulement à ... » Mais pourquoi utiliser le verbe « servir » ? La poésie doit-elle servir à quelque chose ? N'est-elle pas plutôt un jeu ? Un nouveau regard porté sur le monde ? Des images fortes, des trouvailles de métaphores de la part du poète, des contraintes formelles de structures, etc ? L'idée directrice de cette 3e partie serait donc : « La poésie est en vérité un regard neuf posé sur le monde. » Dans cette 3ème partie, on va alors insister sur l'aspect ludique du langage poétique, sur les innovations du poète, sur ses recherches de création de nouvelles images.

Qu'est-ce qu'un « plan thématique » ?

Le plan thématique aborde différents thèmes d'un sujet global.

EXEMPLE DE SUJET

En prenant appui sur les scènes du corpus et sur d'autres pièces que vous avez pu lire, étudier ou voir, vous vous demanderez ce qu'apporte la représentation au texte théâtral.

CHOIX DU PLAN : IL FAUT UN PLAN THEMATIQUE

Pourquoi faut-il faire un plan thématique ? Tout simplement parce que le sujet n'appelle pas un débat ! Il interroge les élèves sur la représentation et pose une question : qu'apporte la représentation au texte théâtral ?

En somme, le sujet présente une affirmation. Reformulé, le sujet dit qu'une représentation apporte quelque chose au texte théâtral. Ce n'est pas discutable. Reste à savoir ce qu'est ce "quelque chose" que la représentation apporte au texte théâtral. Vous allez donc développer ce "quelque chose" en un plan thématique.

Réfléchissons. Qu'apporte le passage texte - représentation ?

On pense alors à la scène, aux comédiens, à la lumière, aux décors, aux costumes, aux accessoires, aux sons, à la musique...

Le plan pourrait alors être le suivant :

I/ La représentation donne corps aux personnages (avec l'étude du travail des comédiens, des costumes et des accessoires)

II/ Elle apporte une dimension visuelle et auditive (avec l'étude du décor, des lumières et des musiques)

III/ Elle crée une ambiance interactive (avec l'étude de l'évolution de l'espace théâtral et de la part active du spectateur).

C'est un plan thématique car il aborde différents thèmes, c'est-à-dire différents aspects de la représentation théâtrale.

Remarque : les sujets réclamant des plans thématiques sont beaucoup moins nombreux que les sujets exigeant des plans dialectiques.

Combien de pages faut-il faire pour une dissertation ?

La totalité de la dissertation devra représenter entre quatre et sept pages selon la taille de votre écriture. Ce qui représente, au strict minimum, une copie double entièrement écrite recto-verso. Cela vous paraît peut-être beaucoup mais faire moins est de toute façon impossible si vous traitez correctement le sujet donné, même seulement en deux parties.

N'oubliez pas que la présentation en paragraphes ainsi que la citation des références prennent déjà de la place ! (par « citation de référence », on entend ici : titre du livre sur lequel vous vous appuyez pour chaque idée, avec nom de l'auteur et le siècle).

Comment rédiger une dissertation ?

L'ensemble doit être entièrement rédigé. Aucun plan détaillé n'est possible. Il est donc hors de question de noter des I, II, ou a) b) c). En revanche, il convient de faire apparaître la logique du plan préparé au brouillon à l'intérieur de la dissertation par l'emploi de liens logiques du type « De plus », « Par ailleurs », « Enfin ».

L'exercice est scolaire : littéraire sur la réflexion et la pensée, mais pas forcément littéraire sur le style. L'important est de communiquer, de vous faire comprendre, mais de façon agréable, avec justesse, pertinence. C'est de l'argumentation. Vous ne devez pas rester dans un flou artistique, on ne vous demande surtout pas de lancer sur le papier tout ce qui vous vient à l'esprit ! Il faut donc que vous soyez efficace, pragmatique. Mais vous n'êtes pas autorisé non plus à l'être trop. Un juste équilibre est donc à trouver. Et vous devez tout rédiger.

« Tout rédiger » veut vraiment dire « tout » rédiger. Cela implique qu'aucun mot isolé ne peut se trouver dans votre devoir. En exagérant à peine, toutes les phrases doivent être rédigées sur le modèle « sujet + verbe + compléments ». Les tirets et les parenthèses sont également interdits. A la place des tirets, vous utiliserez des liens logiques. A la place des parenthèses, vous faites des phrases qui expliquent votre pensée.

Comment mettre des citations ?

Toutes les citations sont à noter entre guillemets. En revanche, tous les titres de livre doivent être soulignés (et non pas à mettre entre guillemets !).

Toutes les oeuvres et citations sont à référencer le mieux possible, avec le nom de l'auteur et la date, ou du moins le siècle.

Peut-on dire « je » ?

Jamais vous ne devez dire « je » dans la dissertation, même si c'est bien vous qui réfléchissez et organisez les idées, et même si le sujet précise que vous devez donner « votre » avis et vous appuyer sur des « lectures personnelles ». Ces termes sont là pour vous inviter, par convention, à réfléchir par vous-même en utilisant tous les livres que vous avez lus, même ceux qui n'étaient pas donnés par l'école. En vérité, cela ne vous autorise pas à dire « je ».

Il faut donc employer « nous » ou « on » et favoriser les tournures impersonnelles.

Comment bien présenter une dissertation ?

Les règles de présentation sont les mêmes pour la dissertation et le commentaire composé.